Trois membres d’EEDM reviennent d’un séjour de deux semaines (du 5 au 19 janvier 2011) en Haïti. Nous avons pu rencontrer tous les responsables d’actions soutenues par EEDM en Haïti, une quarantaine d’enfants parrainés, et bien sûr « sentir » la situation du pays un an après la « catastrophe », le séisme du 12 janvier 2011.

Port-au-Prince, tentes sur le Champ de Mars Port-au-Prince, marché et fatras
Nous voudrions vous faire part de nos impressions générales, avant de faire un compte-rendu plus détaillé concernant les actions d’EEDM en Haïti, un peu plus tard.
Nous avons passé plusieurs jours à Port-au-Prince et ce qui frappe c’est la foule : des piétons et des petits commerces (« ti commerces »), des quatre-quatre et des « tap-taps » (camionnettes de toutes les couleurs avec le plus souvent des noms religieux : « Dieu avec nous »), des enfants en uniformes de couleurs variées le matin et à la sortie des écoles.

Port-au-Prince, Champ de Mars, toilettes Port-au-Prince, ruines de la cathédrale.
Un an après le séisme, les avancées sont là, grâce à la détermination des Haïtiens et aussi à l’aide internationale. A Port-au-Prince et dans la région durement touchée par le séisme, il y a encore beaucoup (trop) de camps, mais avec des efforts sanitaires : toilettes, approvisionnement en eau, et aussi apport de nourriture. Les principaux axes urbains sont dégagés, même si dans les rues annexes et les quartiers, la majorité des maisons ne sont pas déblayées. Les ruines de la cathédrale et du palais national sont toujours là : ces deux monuments sont des symboles importants pour les Haïtiens. Mais les ruines d’autres bâtiments ont été évacuées : des écoles comme l’Institution du Sacré-Cœur, le Collège St François d’Assise, l’église du Sacré-Cœur. Les écoles fonctionnent sous des tentes ou des bâtiments provisoires. Les cours ont repris en avril 2010 et les examens ont été passés après le 15 août ; la rentrée a eu lieu le 4 octobre, lentement certes, mais en principe pour tous.
Face à l’épidémie de choléra qui sévit dans le pays depuis mi-octobre, des mesures sont prises : eau purifiée, campagnes dans les écoles, affiches en ville…

affiche pour lutter contre le cholera. Institution du Sacre-Coeur, les petits entre les classes provisoires
Ce qui frappe aussi à Port-au-Prince, c’est le très mauvais état des rues, les « blocus », c’est-à-dire les embouteillages ; autre présence : celle des « fatras », c’est-à-dire les tas d’ordures qui ne sont qu’insuffisamment ramassés (mais de temps en temps quand même, nous en avons été témoins). Dans cette agglomération surpeuplée, certains quartiers ne sont pas sûrs. Les forces de l’ONU patrouillent en camion, et sont assez impopulaires. La police haïtienne est aussi présente.
Dans les provinces, la vie est plus calme. Les paysages, les plages, sont magnifiques. La verdure est présente dans le Sud et au Nord-Ouest. Rizières, manguiers, arbres à pain, papayers, caféiers, bananiers, …produisent de quoi alimenter petits et grands marchés et les « ti commerces » ; cependant le cyclone Thomas a détruit certains arbres et les prix ont monté.
Des villes comme Jérémie ou Les Cayes ont des rues dans un état convenable, et sont relativement propres. Certaines routes sont bonnes : vers Jacmel et vers Les Cayes ; d’autres sont difficilement praticables et les ponts manquent.
Le séisme a moins touché les provinces : des maisons et des bâtiments présentent quelques fissures ; certaines nécessitent des travaux importants de consolidation, d’autres sont déjà réparées. Le problème est bien davantage « la peur du béton » : depuis le séisme du 12 janvier et les milliers de morts dans des bâtiments en dur, l’ensemble de la population du pays craint un autre séisme (la ville du Cap Haïtien avait déjà été entièrement détruite en 1842 et la faille qui passe par cette ville n’a pas été active en 2010, mais il y aurait un risque).
La situation politique est incertaine après les élections présidentielles et législatives du 28 novembre 2010. Quels candidats au deuxième tour ? Quelle majorité au Parlement ? Deux mois après le premier tour, la réponse n’est pas connue.
Qu’en est-il du retour de Jean-Claude Duvalier ? Sans doute pas grand-chose, mais on entend : « De son temps, on pouvait se promener jour et nuit en toute tranquillité et il n’y avait pas de fatras »….
Un pays sans Etat organisé a du mal à se reconstruire, se méfie des étrangers : ONU, Américains, ONG… tous sont critiqués, même si l’on reconnaît le travail fait.
Il y a aussi une énergie, une solidarité, pour sortir la population de ses difficultés. S’il reste énormément à faire, les Haïtiens continuent à déblayer, à aller à l’école, à vivre, …
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Haïti, 1 an après le séisme ... quel anniversaire ! 12 janvier2011
Douze mois déjà que le terrible séisme a secoué HAÏTI et tout particulièrement la capitale Port au Prince.
GOUDOUGOUDOU, comme le surnomme les Haïtiens, a fait plus de 220000 morts, 300000 blessés et 1,5 million de sans-abri, entassés dans plus de 1000 camps de toile dans la capitale.
Très vite, après le 12 janvier, par milliers, secouristes, journalistes, ONG, affluent au "chevet de Haïti, sans compter les 20000 GI's arrivés en "voisins" et les milliers de soldats de la MINUSTAH déjà sur place. L'aide d'urgence fut massive et plutôt efficace. La conférence internationale de New-York, en mars, promet plus de 10 milliards de Dollars pour la reconstruction.
Mais au fil des mois, la réalité se révèle toute autre : la Commission Intérimaire pour la Reconstruction de Haïti (CIRH) tarde à se mettre en place et un an après, Port au Prince est toujours jonchée de gravats (5% des gravats ont été déblayés), moins d'un milliard sur les plus de dix promis a été débloqué (faute de projets clairement identifiés et définis disent les pays donateurs), les camps sont toujours là, sachant que le cyclone TOMAS a passé par là et que le choléra s'est déclaré, faisant déjà plusieurs milliers de morts supplémentaires.
Les autorités haïtiennes se plaignent de la cacophonie, voire la paralysie, créée par les très nombreuses ONG sur place. EEDM est restée discrète et le plus efficace possible, en relation directe avec ses centres "naufragés". Dès début février, David Latour, responsable de EFAMED à Jérémie, mit en place une distribution de "kits de première nécessité", là où aucun secours n'était encore parvenu aux milliers de réfugiés ayant quitté la capitale, mais les semaines suivantes, l'essentiel des interventions EEDM visait la réouverture des écoles et cantines, souvent dans des locaux provisoires. Henri Petit et Francis Wolff ont pu s'en rendre compte sur place en juin 2010.
Grâce aux efforts et l'engagement exceptionnels des responsables sur place et, suite à la décision de prolonger l'année scolaire jusqu'en août, les enfants et jeunes ont pu mener à terme l'année scolaire et passer les examens.
A la rentrée, la situation était toujours "précaire" et les difficultés budgétaires (fournitures scolaires, frais de scolarité et approvisionnement des cantines) toujours d'actualité. Les 120000 € collectés par EEDM ont aussi permis de "donner un coup de pouce" aux familles des 150 enfants parrainés pour mieux affronter la situation. Ces derniers mois, le sort continue de s'acharner sur Haïti: périodes de fortes pluies, cyclone TOMAS, épidémie de choléra et situation politique trouble avec les élections annoncées et non menées à terme.
Malgré la situation politique incertaine, l'insécurité en ville et dans les camps de toile, la situation sanitaire, 3 responsables EEDM, Anne WILLEMIN, Marie-France et Gérard MATHIAS ont décidé de retourner sur place pour se rendre compte de la situation, apporter réconfort et solidarité dans les 14 centres EEDM et évaluer les besoins qui orienteront le soutien de EEDM dans les prochains mois.
HAÏTI : 9 mois après le séisme. octobre 2010
En ce début octobre, les classes devaient reprendre (l'année précédente ayant été prolongée jusqu'en août). C'est le cas dans beaucoup d'écoles, mais dans quelles conditions ?
* à Port au Prince, sous tentes ou chapiteaux, abris de fortune ou hangars, des constructions qui ont déjà soufferts des intempéries.
* par manque de locaux, une salle accueille souvent 2 classes...à tour de rôle !!
* dans ces abris précaires et provisoires, les intempéries ne facilitent pas l'enseignement.
* l'Unicef a distribué des manuels et des uniformes à des milliers d'écoliers issus de familles sinistrées. Elle a aussi promis d'appuyer 2.000 établissements scolaires et plus de 700.000 enfants. Mais les besoins sont bien plus importants.
* dans les centres EEDM, certains locaux provisoires ont été "améliorés", d'autres réparés; les responsables ont tout fait pour que la rentrée se passe "le moins mal possible" et surtout que les cantines offrent, aux enfants, ce repas si essentiel dans la journée. Les fonds envoyés en juillet et août par EEDM y étaient destinés.
Cet "anniversaire ... 9 mois après", qui semble passer sous silence dans les médias occidentaux, n'est pas non plus une occasion de réjouissances sur place:
* récemment une période de très mauvais temps a sévi sur l'île; les camps de toile et abris de fortune ont été balayés par des coups de vents violents; les inondations et les éboulements ont fait des dizaines de nouvelles victimes dans l'île.
* les prochaines élections inquiètent les milieux politiques qui craignent une faible participation. Le Président Préval reconnaît que "beaucoup de gens qui souffrent n'ont peut-être pas comme premier souci d'aller voter".
* les 4,5 millions d'électeurs dont des millions de sinistrés, vivant en camp de toile ou déplacés, doivent élire en novembre, les dirigeants du pays. Sera-ce possible ? Sera-ce crédible ou une nouvelle fois, marqué par les irrégularités et la corruption?
* les instances internationales ont promis des milliards d'aide à la reconstruction. Malheureusement, à ce jour seuls 6% des sommes annoncées sont débloquées ...et en priorité dans les hôpitaux et les universités. C'est pourquoi, Bill Clinton, Président de la Commission Internationale de Reconstruction de Haïti, en visite à Port au Prince, a été froidement accueilli dans les camps de toile de la capitale.
Si vous lisez ci-dessous ... 4 mois séparent les 2 constats .... les choses ont-elles évolué !!!
Le point ... 5 mois après le séisme juin 2010
Après un séjour de 12 jours (26 mai-7 juin) en HAÏTI.
Pour voir des photos de juin 2010 cliquer ici
Pour voir les rapports des centres visités cliquer ici
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| A côté des tentes UNICEF ou Action contre la Faim, il y a "ceci": des bouts de couverture ou plastique sur le terre-plein central d'une route à 2x2 voies très fréquentées |
"L'école est une source d'espoir pour l'avenir des enfants" c'est écrit sur les murs de Port-au-Prince... EEDM le dit aussi depuis longtemps |
Après les bâches, puis les chapiteaux, voilà les hangars plus aérés, et plus robustes pour la venue des pluies et cyclones |
A Port-au-Prince, le choc, le traumatisme, l'horreur, la détresse, la résignation n'ont pas disparu, et pourtant la capitale est grouillante de vie.
Sur le moindre espace dégagé, les camps de toile (bleu, blanc, beige, brun) sont là sous la canicule, ou dans l'eau lorsqu'il pleut, avec les adultes et les enfants.
Tous les grands axes dégagés des gravats, sont bloqués des heures entières, dans la poussière et les gaz d'échappement, par un trafic de milliers de camions, de tap-tap, d'autos, de motos.
Les piétons, par milliers, privés de trottoirs, marchent sur les kilomètres de gravats entassés ou au milieu de la circulation.
Des camions-citernes distribuent l'eau potable ; d'autres distribuent des vivres nous a-t-on dit.
Dans d'autres rues où le trafic est moindre, entre les tas de gravats et sur les trottoirs s'il y en a, des kilomètres de petits commerces installent leur étal et espèrent vendre fruits, légumes, eau, cartes de téléphones, quelques produits cuisinés, de la musique, bref de tout ...
Au milieu de tout cela, aux heures de début et fin de cours, des dizaines de milliers d'enfants, pimpant, dans leurs uniformes colorés et variés, vont à l'école ou en sortent, jour après jour, depuis début avril ou mars.
A la campagne, l'accueil de près d'un million de réfugiés, a posé de très sérieux problèmes. Comment accueillir ces milliers d'enfants dans des écoles déjà surchargées ? Où loger toutes ces familles ? Les grands-parents, oncles et tantes ou frères et soeurs, souvent à plus de 5 dans quelques mètres carrés, se sont retrouvés à 15 voire davantage.
Les routes, très souvent en mauvais état, sont fissurées ou déformées par le séisme ; ailleurs il y eut des glissements de terrain et des éboulements coupant totalement les routes.
Les pluies et inondations ont détruit les semences de maïs et haricots.
Mais dans les écoles, les responsables font des prouesses, pour maintenir en fonctionnement les cantines, délivrant, à midi, le premier repas à beaucoup d'enfants, ayant marché plus d'une heure le matin pour rejoindre l'école.
Et l'avenir ? où va HAÏTI ?
* l'aide internationale est là ou promise
* la MINUSTHA patrouille en ville et travaille sur les routes de campagne
* le Président Préval n'est pas apprécié : "à bas Préval" lit-on sur les murs
* le Premier Ministre est "invisible"
Beaucoup de personnes ne croient plus à "ces solutions" ...
* des débats enflammés entre élus, spécialistes et grand public sont retransmis sur les ondes
* deux jeunes sont venus nous solliciter pour appuyer leur initiative de structuration et de fonctionnement d'un camp de toile qui ne veut plus attendre
* deux enfants parrainés nous ont fait part de leur détermination et de leur réussite dans les études de médecine pour l'un, d'architecte bien engagées pour l'autre.
La "solution" pour l'avenir d'HAÏTI passera sans doute par "des solutions qui s'additionnent"... certains enfants des centres EEDM y prendront leur part. EEDM n'est-elle pas ainsi dans son rôle ?
Depuis le 14 janvier, vous êtes toujours nombreux à suivre sur "www.eedm.fr" les informations et témoignages qui nous parviennent
Tous les responsables ont à présent la conviction que la reconstruction est repoussée à "bien plus loin dans le temps"
Plus que jamais EEDM veut s'engager pour l'avenir des Enfants d'HAÏTI, aidez-nous ....
* il faut continuer à accueillir et reéquiper ceux qui ont tout perdu, notamment parmi les familles des 150 enfants parrainés
* même si c'est "dans le provisoire", il faut remettre "en marche" les écoles, les cantines, les "écoles du soir", les centres de formation professionnelle.
120 000 € collectés fin juin, mais les besoins restent énormes ...
merci de rester mobilisés et généreux
Les dons peuvent être adressés, par chèque, avec la mention SEISME HAÏTI à :
EEDM 20, rue de Salm 67 200 STRASBOURG
Les dons donnent droit à un reçu fiscal
Les premières affectations de vos dons
Le 6 février : premier envoi de 5 000 $US
Le 1er mars : envoi de 10 700 € à Jérémie et Les Gommiers
Le 4 mars: envoi de 4 700 € à Béraud et Jérémie
Le 18 mars: envoi de 2 000 € à l'Institut Montfort de Port au Prince
Le 31 mars:
* 1 000 € à Jérémie pour l'école d'infirmières
* 2 000 € à Port au Prince, Institut Montfort pour enfants sourds
* 3 000 € au CAP HAÏTIEN, Institut M Louise pour enfants sourds
* 2 000 € à Sr Floraine SFA aux CAYES pour des familles sinistrées
* 1 500 € à Frère Nicolas à JACMEL pour des familles sinistrées
(davantage de détails dans "nouvelles")
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