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ENFANTS, ESPOIR DU MONDE : EEDM

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 Mouvement d'aide à l'enfance en détresse. Association dont la mission est reconnue d'utilité publique.

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Le quotidien dans le slum et à l'école de Bina Sangstha


Des violences...

Comme le bidonville, est situé près de la gare routière, avec beaucoup de passage, des vols et du vandalisme sont commis régulièrement et ce sont en général les habitants du bidonville qui sont accusés, il en est de même pour les actes de délinquance commis par les jeunes des alentours . Il n’est pas rare que le responsable du projet doive se rendre au tribunal pour porter témoignage. Les gens du bidonville sont extrêmement reconnaissants pour la présence de Bina Shangsta.


L’année écoulée a été tristement marquée par l’agression d’un de nos élèves, blessé à la gorge ; il a été hospitalisé de longues semaines. Guéri de sa blessure, il a toujours du mal à parler, sa famille a décidé de retourner dans son village ; les agresseurs n’ont toujours pas été arrêtés.


L'été 1998, le bidonville, tout comme une grande partie du Bangladesh, a terriblement souffert d'inondations catastrophiques. Les familles du bidonville ont dû quitter leurs habitations de fortune et se réfugier dans des camps de secours installés dans des écoles par exemple. Elles ont perdu leur emploi parce que l'économie était paralysée par les inondations. Après le retrait des eaux, les familles ont retrouvé leurs maisons dévastées; du matériel de fortune (panneaux, polyéthylène, ...) a permis de parer au plus pressé. L'humidité et le froid ont provoqué de nombreuses maladies (diarrhées, infections des yeux, des voies respiratoires, ...). Heureusement presque tout le monde a pu retrouver son emploi. L'espoir est a nouveau permis ....


Le gouvernement bangladais a la volonté de résorber les bidonvilles et de reloger les familles. Voilà ce que les responsables nous écrivent: les autorités sont venues et ont rasé le slum; les familles ont eu des propositions de relogement mais en dehors de la ville, loin de leur lieu de travail et de l'école des enfants. Progressivement les familles sont revenues, ont reconstruit leur abri ou sont allées un peu plus loin, mais dans des locaux qu'il a fallu louer .... et ceci se répète périodiquement, sans qu'une solution durable soit trouvée .... heureusement, l'école n'a pas été détruite !!


Suite au meurtre d’un policier, la police a détruit les habitations du slum et chassé les familles......10 jours plus tard, les familles ont pu revenir et reconstruire en se ruinant ou en s’endettant.


... des joies et des satisfactions...


En mars nous avons organisé pour les élèves des grandes classes, une sortie à Shonargoan, ancienne capitale du Bengale britannique, dont les bâtiments en ruine, ont été restaurés ; deux d’entre eux abritent un musée d’art populaire. Ce jour là était également organisé une fête. Les enfants étaient ravis de cette sortie et très intéressés par tout ce qu’ils ont pu voir.


Les enseignants ont de quoi être fiers des résultats de leurs 178 élèves en 2005, puisque 99 % ont passé en classe supérieure. Parmi les 9 élèves de la classe V, 7 poursuivent leurs études dans un collège public. Le nombre d'élèves augmente chaque année et pourtant les résultats sont toujours aussi satisfaisants. Chaque année c'est l'occasion d'une petite fête, permettant de valoriser le travail des enfants.


Quand nous avons commencé à travailler dans le bidonville, nous allions de maison en maison, pour essayer de convaincre les parents de l’importance d’envoyer leurs enfants à l’école ; aujourd’hui les enfants viennent d’eux-mêmes, certains attendent devant la porte dès 7 h 30. Cet enthousiasme est très encourageant pour les instituteurs et pour moi-même. Au cours de ces années, nous avons pu acheter des livres pour enfants que nous lisons aux petits à leur plus grande joie, et que les grands empruntent.


L’école aide les enfants à s’épanouir, à prendre confiance en eux, leur comportement en société évolue. Ils sont davantage conscients de l’importance de l’hygiène et influencent parfois la famille entière. Ils prennent le mariage davantage au sérieux et se marient plus tard ; ils comprennent l’importance de se limiter à une petite famille.


Du vécu dans les familles de 2 enfants du slum...

 

Taslima et sa famille

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A l’école de Bina Sangstha, Taslima Khatoon est une bonne élève, intelligente et travailleuse, elle étudie actuellement en classe V et terminera ses études primaires à la fin de l'année.  Elle fait la joie de ses parents qui ont mis en elle tout leur espoir.

La mère de Taslima a quitté la maison familiale alors qu'elle n'avait que 12 ou 13 ans, car elle ne s'entendait plus avec sa belle-mère. Elle est partie pour Manikgong, la ville la plus proche où elle travailla comme servante dans une famille. Au bout de deux ans, un fonctionnaire de la ville la demanda en mariage, il avait déjà deux épouses. Peu de temps après toute la famille déménagea à Savar, à quelques kilomètres de la capitale Dacca. La mère de Taslima eut un fils, puis son mari demanda le divorce, elle dut quitter la maison et partit pour Dacca où elle a survécu en mendiant, la nuit elle dormait dans la rue.

Un conducteur de rikshaw compatissant lui trouva une petite hutte pour quelques takas de loyer et un travail dans la cantine d'un hôtel. Elle épousa un des résidants du foyer mais très vite celui-ci exigea d’elle sa part d'héritage pour lui permettre d'acheter son propre rikshaw et d'augmenter ainsi ses gains. Une dizaine de jours après l'acquisition de son rikshaw, il divorça.

La mère de Taslima trouva alors refuge auprès d’une dame d’un certain âge qu’elle connaissait et qui vivait dans le bidonville. Elle travailla comme servante dans les maisons du voisinage.  Au -bout de quelques années, elle se remaria avec un aveugle.

Après deux fils issus de ses mariages précédents, la mère de Taslima eut trois filles. L'aînée, a fréquenté l'école du bidonville, s'est mariée, Taslima est en classe V et sa soeur cadette en classe III. Le fils aîné est marié et vit séparément le plus jeune n'a pas de travail fixe, contrairement à la coutume ils n'apportent aucune aide à leurs parents qui vivent très difficilement. Le père de Taslima mendie et sa mère ramasse des papiers et autres objets qu'elle revend au recyclage.

Ils ont mis leur dernier espoir en Taslima. Elle pourrait poursuivre ses études et avoir un bon métier. Mais au Bangladesh les études sont chères et du coup souvent inaccessibles.

Les démarches et la persévérance de M. Chowdhury ont permis à Taslima d'entrer dans une école gratuite dirigée par une association caritative.

 

Shomola

Voilà, une « anecdote »  qui s’est avérée « vitale », racontée par Mme Ahmed, au retour de leur dernier séjour :

Shomolar’ma (c’est-à-dire la mère de Shomola) travaillait au foyer de ma belle famille depuis quelques années, elle faisait le ménage, la lessive parfois la cuisine qui était toujours très appréciée. Comme la plupart des bangladeshies, elle était gracieuse. toujours souriante et prête à rendre service. Divorcée elle avait trois enfants. Sa fille cadette. Shomola, àgée d’une quinzaine d’année, accompagnait souvent sa mère, l’aidait dans ses taches ménagères ou alors jouait avec les enfants. Très dégourdie et très agile elle épatait tout le monde en faisait sept fois la roue d’affilée Lors de notre dernier voyage à Dacca, une autre dame avait pris la place de Shomolar’ma ; ma belle mère nous expliqua tristement que la vue de cette dernière avait progressivement baissé et qu’il ne lui était plus possible désormais de travailler.

Les jours suivants Shomolar’ma vint nous rendre visite, elle avait vieilli, perdu sa joie de vivre. Elle resta un peu, nous parla d’elle, de ses enfants, sa fille Shomola était mariée depuis peu

Au moment de son départ mon mari voulut lui donner un peu d’argent, comme il est de coutume. En fouillant dans ses poches il ne trouva qu’un billet de 500 takas ce qui représente une somme assez importante au Bangladesh. l’équivalent peut-être de son salaire. Après une petite hésitation, il lui tendit le billet.

Quelques semaines plus tard nous reçûmes une lettre de ma belle-mère. Shomolar’rna, nous écrivait-elle, s’était fait opérer d’un oeil, l’opération avait bien réussi, bientôt elle fera opérer l’autre oeil et elle avait heaucoup d’espoir de retrouver la vue. Shornolar’ma avait insisté pour que ma belle-mère nous écrive et nous remercie.

Ce billet de 500 takas, qui avait changé tant de choses pour elle, n’est en fait que l’équivalent de 10 euros


Date de création : 02/10/2007 : 15:06
Dernière modification : 10/01/2009 : 19:42
Catégorie : Les centres - BANGLADESH
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